(Voici un ti-texte de mon cru, mais qui a récolté une mauvaise note :P pas grave, c'était de ma faute)
Je vis aujourd’hui dans le présent, je suis passible d’avoir un futur, seul l’avenir saura me le dire, mais à quel âge peut-on prétendre avoir un passé, aussi imparfait ou simple soit-il? Je navigue dans cette mer de possibilités sans gouvernail pour me diriger, la voie de mon petit navire est déjà tracée.
J’avais toujours eu cette impression de vivre sans que l’on ne m’impose des choix préfabriqués. Je m’étais bien fourvoyée...
À ma naissance, ces gens qui m’aimaient d’un amour inconditionnel, sans pour autant m’avoir choisie dans une quelconque banque de données, m’ont affublée du nom très commun de Marie; Ce nom a presque mille neuf cent quatre-vingt-neuf ans, si ce n‘est plus, étant donné la découverte de civilisation bien avant la naissance du «ti-cul» répondant au pseudonyme de Jésus. C’est en regardant l’étymologie de ce vieux prénom que ces inconnus ont décidé de l’inscrire à tout jamais sur cette petite feuille de papier.
Marie qui signifie «celle qui élève» (hébreu)
Caractéristiques: énergique, ambition, résolution, autorité
Je suis donc la millionième Marie dans ce monde et même si mes empruntes digitales sont uniques, suis-je prédestinée à l’être pour autant?
À la minute près où ma tête a émergé des tripes sanguinolentes de cette femme, une fiche contenait déjà mon existence à l’encre bleue. Mes parents avaient désormais la preuve écrite que j’étais bien leur légitime possession. Cependant, bien peu de gens connaissent l’existence de ces petits caractères incolores, tout au bas de ces fiches signalétiques. Ces lignes invisibles provenant de l’imaginaire utopique de ces géniteurs contenaient mon avenir ou du moins, celui qu’ils avaient pour moi:
Marie Tremblay
Enfance heureuse, adolescence tout à fait normal (Quelques crises ici et là). Étude en médecine /spécialisation: pédiatrie. Tombera amoureuse plus de dix fois, mais n’aimera que trois personnes. Elle se mariera avec un collègue de travail de l’hôpital St-Justine. Donnera naissance à trois enfants, deux filles et un petit garçon: Julie, Anaïs et Thomas. Vivra dans un Bungalow en banlieue de Montréal et décèdera à 77 ans des suites d’un infarctus.
C’est donc l’océan de choix de mes parents. Il se rétrécit au fil de leurs étroites décisions. Il n‘y a que la raison qui puisse y circuler, pas mon coeur qui grossit à vue d’oeil. Mon nom m’appartient-il? Où n’est-ce que l’ambition de ces gens que je n’ai jamais choisis, comme tout le reste? Marie est ambitieuse, résolue et énergique.... Dois-je être tous ces qualificatifs?
Devrais-je demander à ces gens, à cette société de voter toutes les semaines afin de déterminer ce que je vais manger pour souper ou pour savoir si je dois disparaître de cette surface terrestre.
Je suis seule tout au fond de mon marécage d‘interrogations. Je suis dans ce passé, dans ce présent, mais le futur me semble inatteignable... Je suis pourtant au milieu d’une salle ronde ou deux portes s’ouvrent et se ferment à un rythme effréné:
Présent, passé, passé, présent
Je n’ai qu’à tendre la main pour ouvrir la troisième, elle n’est pas verrouillée pourtant. Mes doigts se resserrent autour de la poignée, sans la tourner.
Mes yeux s’ouvrent sous cette eau qui me brouille la vue. Sont-ce des larmes? Non, ce n’est que l’eau chaude de ma baignoire. Mes mains tiennent le contour du récipient plein à craquer; pour m’aider à m’en extirper? Peut-être...
Devrais-je me contenter de ce futur simple? Peut-être...
Mon coeur se cogne aux parois rocailleuses du ruisseau; il se déchire, se perce et termine sa course tout au fond de la rivière que nourrit ce cycle éternel.
Ce geste me donnera sûrement un futur plus-que-parfait.
Je compte jusqu’à trois:
1.... Mon premier doigt s’abaisse, 2... Le deuxième emboîte le pas, 3... Je ferme les yeux
Je me noie dans cette chute de possibilités.
Je vis aujourd’hui dans le présent, je suis passible d’avoir un futur, seul l’avenir saura me le dire, mais à quel âge peut-on prétendre avoir un passé, aussi imparfait ou simple soit-il? Je navigue dans cette mer de possibilités sans gouvernail pour me diriger, la voie de mon petit navire est déjà tracée.
J’avais toujours eu cette impression de vivre sans que l’on ne m’impose des choix préfabriqués. Je m’étais bien fourvoyée...
À ma naissance, ces gens qui m’aimaient d’un amour inconditionnel, sans pour autant m’avoir choisie dans une quelconque banque de données, m’ont affublée du nom très commun de Marie; Ce nom a presque mille neuf cent quatre-vingt-neuf ans, si ce n‘est plus, étant donné la découverte de civilisation bien avant la naissance du «ti-cul» répondant au pseudonyme de Jésus. C’est en regardant l’étymologie de ce vieux prénom que ces inconnus ont décidé de l’inscrire à tout jamais sur cette petite feuille de papier.
Marie qui signifie «celle qui élève» (hébreu)
Caractéristiques: énergique, ambition, résolution, autorité
Je suis donc la millionième Marie dans ce monde et même si mes empruntes digitales sont uniques, suis-je prédestinée à l’être pour autant?
À la minute près où ma tête a émergé des tripes sanguinolentes de cette femme, une fiche contenait déjà mon existence à l’encre bleue. Mes parents avaient désormais la preuve écrite que j’étais bien leur légitime possession. Cependant, bien peu de gens connaissent l’existence de ces petits caractères incolores, tout au bas de ces fiches signalétiques. Ces lignes invisibles provenant de l’imaginaire utopique de ces géniteurs contenaient mon avenir ou du moins, celui qu’ils avaient pour moi:
Marie Tremblay
Enfance heureuse, adolescence tout à fait normal (Quelques crises ici et là). Étude en médecine /spécialisation: pédiatrie. Tombera amoureuse plus de dix fois, mais n’aimera que trois personnes. Elle se mariera avec un collègue de travail de l’hôpital St-Justine. Donnera naissance à trois enfants, deux filles et un petit garçon: Julie, Anaïs et Thomas. Vivra dans un Bungalow en banlieue de Montréal et décèdera à 77 ans des suites d’un infarctus.
C’est donc l’océan de choix de mes parents. Il se rétrécit au fil de leurs étroites décisions. Il n‘y a que la raison qui puisse y circuler, pas mon coeur qui grossit à vue d’oeil. Mon nom m’appartient-il? Où n’est-ce que l’ambition de ces gens que je n’ai jamais choisis, comme tout le reste? Marie est ambitieuse, résolue et énergique.... Dois-je être tous ces qualificatifs?
Devrais-je demander à ces gens, à cette société de voter toutes les semaines afin de déterminer ce que je vais manger pour souper ou pour savoir si je dois disparaître de cette surface terrestre.
Je suis seule tout au fond de mon marécage d‘interrogations. Je suis dans ce passé, dans ce présent, mais le futur me semble inatteignable... Je suis pourtant au milieu d’une salle ronde ou deux portes s’ouvrent et se ferment à un rythme effréné:
Présent, passé, passé, présent
Je n’ai qu’à tendre la main pour ouvrir la troisième, elle n’est pas verrouillée pourtant. Mes doigts se resserrent autour de la poignée, sans la tourner.
Mes yeux s’ouvrent sous cette eau qui me brouille la vue. Sont-ce des larmes? Non, ce n’est que l’eau chaude de ma baignoire. Mes mains tiennent le contour du récipient plein à craquer; pour m’aider à m’en extirper? Peut-être...
Devrais-je me contenter de ce futur simple? Peut-être...
Mon coeur se cogne aux parois rocailleuses du ruisseau; il se déchire, se perce et termine sa course tout au fond de la rivière que nourrit ce cycle éternel.
Ce geste me donnera sûrement un futur plus-que-parfait.
Je compte jusqu’à trois:
1.... Mon premier doigt s’abaisse, 2... Le deuxième emboîte le pas, 3... Je ferme les yeux
Je me noie dans cette chute de possibilités.

1 commentaire:
Wahhh. Franchement, j'ai bien aimé ton texte. Tellement clair tout en restant si confus. Le mélange parfait ^^
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